Blog de Pierre Eyben

Ecologie plus verte, socialisme plus rouge
WASHINGTON, DC - APRIL 30:  U.S. Sen. Bernard Sanders (I-VT) speaks on  his agenda for America  during a news conference on Capitol Hill April 30, 2015 in Washington, DC. Sen. Sanders sent out an e-mail earlier to announce that he will run for U.S. president.  (Photo by Alex Wong/Getty Images)
Humeur du jour

Bernie Sanders est-il trop sage ?

Au moment où en Grande-Bretagne Jeremy Corbyn subit une véritable guerilla interne de la part de l’establishment du Labour, Wikileaks révèle que la direction du Parti démocrate américain a fait preuve d’une totale partialité lors de la primaire opposant Hilary Clinton à Bernie Sanders, cherchant à saborder la campagne du sénateur du Vermont. Acculée, la présidente du parti démocrate vient d’ailleurs d’annoncer sa démission.
Ceci qui jette à nouveau un regard très cru sur la « démocratie » américaine, un concept de « démocratie » essentialisé et dont on ne questionne plus la substance. Dit de façon schématique, aux USA les élections se réduisent aujourd’hui pour l’essentiel en une course à la levée de fonds privés finançant une campagne publicitaire (dite électorale) permettant de coopter des exécutants politiques compatibles avec la politique ultralibérale et belliciste de ce pays. Qu’un trublion vienne perturber cette mécanique, porteur d’un véritable soutien populaire, est proprement inacceptable pour l’establishment.

 

Vu les révélations de Wikileaks, je trouve Bernie Sanders bien (trop?) sage de continuer à soutenir le clan Clinton lequel est manifestement en phase avec le système américain actuel (poids des multinationales, politiques bellicistes,…). Espère-t-il gagner un certain poids au sein du Parti démocrate ? Est-ce la peur de voir DonaldTrump élu ? Alors peut-être le plus intelligent serait-il en fait de se porter candidat lui-même.
Ces deux exemples aux USA et en GB posent une question assez crue qui vaut également pour d’autres pays : les partis (sociaux-)démocrates sont-ils encore réformables ? Quand une large base populaire les investit, tentant de leur faire prendre un virage à gauche, à quoi leur establishment est-il disposé pour conserver ses prébendes ?
Face à l’échec économique et sociétal qu’entraine la doxa politique libérale actuellement toute puissante, les prochaines années verront se développer, j’en suis convaincu, des mouvements populaires de rupture avec le capitalisme (et sa logique productiviste). La question du véhicule (ou des véhicules) les mieux adaptés pour porter ce changement sera cruciale. Nous verrons ce que donnent les expériences « insider » de Corbyn ou Sanders. Mais sans vouloir jeter le bébé avec l’eau du bain, de nombreux hommes et femmes de valeur militent aujourd’hui dans ces partis, ma conviction demeure à ce jour que c’est au départ d’outils collectifs nouveaux que devra se mener le combat.
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