Blog de Pierre Eyben

Ecologie plus verte, socialisme plus rouge
leave
En trois lignes Humeur du jour

BREXIT : Est-ce véritablement une bonne nouvelle ?

Vu leurs positions atlantistes et le rôle invariablement néfaste de la City sur la financiarisation de l’économie, on serait en première intention tenté de se réjouir unanimement du BREXIT, d’autant qu’il constitue une première brèche dans l’UE (dont on ne peut pas exactement dire que ce soit une structure politique qui pousse au progrès) et permet d’échapper (a priori) aux accords iniques à la carte qu’avait négocié Cameron en échange du IN.

Oui mais … L’hypothèse de voir demain le paradis fiscal luxembourgeois et plus encore Frankfurt reprendre la rôle de première place financière européenne est-elle si réjouissante ? Est-on convaincu que le Royaume-Uni ait été le seul frein à une UE politique ? L’UE est-elle désormais plus réformable ? Quelle majorité de pays souhaitent penser au delà d’une logique nationale dans laquelle les Etats européens se font concurrence (sur le dos des travailleurs soit dit en passant)?
La sortie dont il est question est majoritairement (pas uniquement j’en conviens) une sortie par la droite, pour encore plus de concurrence et de dumping entre Etats, pour encore davantage de financiarisation de l’économie, pour se défaire des derniers fifrelins de protectionnisme et de régulation existants (voir notamment le soutien au BREXIT des hedge funds), pour une politique encore plus inhumaine vis à vis des réfugiés,etc. C’est évidemment un droit naturel que celui à l’auto-détermination.  Mais ne prétendons pas que le BREXIT annonce un virage politique forcément souhaitable.
Le jour où un référendum critique par rapport à l’UE sur une base de gauche et anti-austérité se dessinera, avec un autre rapport de force que ce qui s’est produit en Grèce, on pourra et devra se réjouir. Mais ce n’est pas ce qui vient de se dérouler avec le BREXIT qui, à mon estime, est plutôt une mauvaise nouvelle pour la gauche européenne (ce qui ne veut pas dire pro-UE).
Il y a une certaine lucidité populaire à comprendre que l’UE est aujourd’hui une machine à broyer les conquêtes sociales. Mais ni Farage en Angleterre, ni Le Pen en France, ni Orban en Hongrie, n’ont pour programme se s’appuyer sur le retour à plus d’autonomie nationale pour contrer cette situation, au contraire. Dans le grand bain de la mondialisation capitaliste, construire un contre-modèle disposant d’un taille critique garde à mon estime tout son sens.  Mais ce n’est ni le modèle de cette UE, ni celui de la majorité des partisans actuels de la sortie de l’UE.
Facebooktwittermail

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :