Blog de Pierre Eyben

Ecologie plus verte, socialisme plus rouge
olymp
Préhistoire (articles de mon précédent blog)

Cinq vérités dérangeantes sur les Jeux Olympiques et le sport « moderne »

Alors que les médias nous assomment de l’homérique guerre à la médaille entre la Chine et les Etats-Unis, sorte d’exutoire au combat pour la domination économique de la planète que ce siècle voit poindre.  Alors que chaque pays compte ses médailles comme autant de preuves de sa puissance nationale.  Alors que d’aucuns tentent d’octroyer au sport – qui n’est pas le jeu – des vertus fraternelles qu’il n’a pas. Il n’est pas inutile de rafraichir un peu quelques ardentes ardeurs, de reprendre son souffle – coupé par la fournaise pékinoise – afin de rappeler ce que sont ces jeux du cirque modernes, quels enjeux politiques ils recouvrent et qui en sont les intéressés « propriétaires ».

Voici 5 vérités sur les jeux qui sont joyeusement passées à la moulinette médiatique afin de ne pas ternir la prétendue « beauté » du sport et plus prosaïquement de ne pas déplaire aux annonceurs commerciaux qui ont investi (dans) l’événement, ni aux élites politiques et militaires qui l’instrumentalise.

 

1. Pierre de Coubertin, un géniteur réactionnaire et phallocrate

On doit les Jeux [[Il faut noter que ce terme de « jeux » est totalement abusif puisqu’il s’agit de compétitions sportives]] olympiques « modernes » à l’aristocrate Pierre de Frédy, baron de Coubertin qui à la fin du XIXe siècle s’inspira du modèle universitaire britannique afin de promouvoir les vertus du sport en France et voulu remettre au goût du jour les jeux Olympiques de la Grèce antique. Il aspirait alors – mais cela est-il aujourd’hui si différent ? – à prémunir la jeunesse contre « l’oisiveté, le sexe et la pensée socialiste ».

Ce « colonialiste fanatique », selon ses propres mots, accordait une grande place à l’honneur patriotique et au nationalisme. On lui doit quelques textes éclairants sur le sujet. Ainsi écrivit-il dans « The review of the Reviews » en 1901 : {La théorie de l’égalité des droits pour toutes les races humaines conduit à une ligne politique contraire à tout progrès colonial. Sans naturellement s’abaisser à l’esclavage ou même à une forme adoucie du servage, la race supérieure a parfaitement raison de refuser à la race inférieure certains privilèges de la vie civilisée.} Admirateur  du naturaliste Francis Galton qui s’efforça toute sa vie de démontrer l’inégalité des races humaines, Pierre de Coubertin ne cacha pas de son vivant, ses idées ouvertement racistes.

Outre les questions de race, Pierre de Coubertin, se préoccupait également de celles du sexe.  Farouche opposant à la participation des femmes – qu’il qualifiait assez promptement de « femelles » – aux Jeux, il déclara lors des Jeux olympiques de 1912 à Stockholm : {« Une olympiade femelle serait impratique, inintéressante, inesthétique et incorrecte. Le véritable héros olympique est à mes yeux, l’adulte mâle individuel. Les J.O. doivent être réservés aux hommes, le rôle des femmes devrait être avant tout de couronner les vainqueurs.}

Enfin, Pierre de Coubertin entretint avec Hitler et le régime nazi des rapports pour le moins douteux.  Il considérait les JO de Berlin de 1936 comme les mieux organisés de l’histoire et cachait difficilement son admiration pour le Führer comme en témoigne une lettre qu’il adressa alors à un membre du CIO [[Voir “Pierre de Coubertin » par Daniel Bermond (ISBN 2262023492)]].  Reconnaissant, Hitler proposa d’ailleurs sa candidature pour l’obtention du prix Nobel de la paix mais celui-ci fut finalement décerné à un Allemand, antinazi notoire, Carl von Ossietzky. Le baron de Coubertin décéda en 1937 mais on a beaucoup de mal à penser qu’il eu plus été en 1940 des amis de Jean Moulin que de ceux du maréchal Pétain.

 

2. Le CIO, un organe élitiste, anti-démocratique et corrompu

Pierre de Coubertin créa le Comité International Olympique (CIO) le 23 juin 1894, à Paris lors du premier congrès olympique.

Le CIO est aujourd’hui une organisation reconnue par l’ONU, composé de 115 membres – dont plus de 50% d’européens et à peine 11 femmes – qui se réunissent au moins une fois par an et élisent un président pour une durée de 8 ans. En 1981, un statut inédit taillé sur mesure fut adopté par la Confédération helvétique faisant du CIO « une organisation internationale non gouvernementale, à but non lucratif, à forme d’association dotée de la personnalité juridique dont le siège est à Lausanne ». Un étrange brouillamini qui situe le CIO dans un hinterland juridique entre droit interne suisse et droit international.

Malgré de petites évolutions, le CIO reste une organisation non démocratique, ses membres étant tous cooptés {intuitu personnae}, c’est-à-dire ne représentant qu’eux-mêmes. Le CIO ne rend de comptes à personne, ni à un pays, ni à une organisation. Ses membres déterminent notamment la ville hôte des JO.

S’il s’est timidement ouvert aux athlètes, le CIO demeure pour l’essentiel un « club très select ». Parmi les membres du CIO, on peut citer Son Altesse Royale la Princesse Anne d’Angleterre,  S.A.R. le Prince d’Orange des Pays-Bas, S.A.R. le Prince Nawaf Faisal Fahd Abdulaziz d’Arabie Saoudite,  S.A.R. le Grand-Duc de Luxembourg, Son Altesse le Cheik Tamim bin Hamad bin Khalifa Al-Thani du Qatar, S.A.R. le Prince Tunku Imran de Malaisie, S.A.R. la Princesse Haya Bint Al Hussein des Emirats Arabes Unis, Son Altesse Sérénissime la Princesse Nora du Liechtenstein, S.A.S. le Prince Souverain Albert II de Monaco et bien évidemment le Comte Jacques Rogge.

On y trouve également un étrange mélange de dignitaires politiques et militaires de haut rang (notamment de pays qui sont loin d’être des modèles de démocratie), de juristes et d’hommes d’affaire.  Y siègent par exemple l’ancien premier ministre tunisien Mohamed Mzali, le premier vice-ministre des sports d’URSS de 1970 à 1975 Vitaly Smirnov, l’ex-maire de Rome et actuel président de la banque MCC S.p.A Franco Carraro,  le japonais Chiharu Igaya qui est membre du conseil d’administration de l’American Home Assurance Co. et de l’American International Underwriters, président de Chiyoda Consultants K.K., président de l’AIGKK et président honoraire de la compagnie d’assurances AIU, l’entrepreneur en travaux public (on lui doit notamment la supervision de la construction du stade olympique d’Athènes) Lambis Nikolaou, le Major Général Francis Nyangweso qui est vice-président de la Chambre de commerce de Kampala mais aussi directeur d’une société immobilière et d’une société automobile en Ouganda, Mario Vazquez Rana qui est président-directeur général de l’«Organizacion Editorial Mexicana» depuis 1975, Thomas Bach qui est président de la Chambre de commerce et d’industrie arabo-allemande Ghorfa, le Cheik Ahmad Al-Sabah qui fut président de l’OPEP et est actuellement ministre de la Sécurité nationale du Koweit, l’américain James D. Easton qui est PDG de la société de pointe en équipement du tir à l’arc, Jas. D. Easton, Inc. et propriétaire de Easton Technical Products et de Hoyt Archery, Sir Craig Reedie qui fut l’éminent associé d’un cabinet de conseillers financiers, l’israélien Alex Gilady qui est vice-président de NBC Sports depuis 1981 [[La télévision américaine NBC est détentrice des droits de retransmission des JO pour les Etats-Unis et c’est, par exemple, afin de la satisfaire que les finales de natation et de gymnastiques lors de ses JO de Pékin ont lieu le matin]], Jean Claude Killy qui est membre du conseil d’administration de Rolex S.A. et le fut de celui de la multinationale américaine Coca-Cola jusque fin 2005[[Il n’est pas incongru de rappeler la désignation controversée d’Atlanta pour le JO 1996. Athènes aurait dû obtenir ces JO pour souligner le centième anniversaire de la résurrection des jeux modernes mais c’est le siège de la multinationale qui fut choisit]], l’Intendant général Lassana Palenfo ministre d’État chargé de la sécurité en Côte d’Ivoire, Francesco Ricci Bitti haut dirigeant et membre de conseils d’administration, depuis plus de 30 ans, de plusieurs multinationales de premier plan spécialisées dans la technologie de l’information et les communications (Philips, GTE, Alcatel, Olivetti, Telecom Italia),… On trouve encore parmi les membres permanents du CIO Joseph Blatter ex-directeur du chronométrage sportif et des relations publiques de Longines S.A. et délégué de Swiss Timing et actuel président de la FIFA, Hein Verbruggen, ex-directeur régional de vente de Carnation Belgium et ex-président de l’UCI, ou encore Patrick Baumann ex- juriste au bureau de la Police des étrangers de Lausanne et actuel secrétaire général de la FIBA.

Il est amusant d’éplucher la liste complète des membres du CIO [[Voici la [Liste complète-> http://www.olympic.org/fr/organisation/ioc/members/index_fr.asp].]]. Chaque nom permet en effet d’imaginer la nature de cette organisation tout comme les nombreux conflits d’intérêts qui la traverse.  On ne s’étonnera pas dès lors que des scandales comme celui de Salt Lake City aient vu le jour.  Pour obtenir les Jeux d’hiver 2002, la station américaine avait déboursé pas moins de 15 millions de dollars dans l’accueil et dans l’achat de somptueux cadeaux pour les membres du CIO. Au-delà des avantages en nature divers et variés, un reportage de la BBC montra que certains membres du CIO (et particulièrement le bulgare Ivan Slavkov lors du scrutin pour l’attribution des JO d’été 2012) n’hésitaient pas à carrément monnayer leur vote.

Si la légitimité démocratique et la représentativité sociale des membres du CIO est quasi nulle, il faut avouer que leur répartition géographique est elle aussi pour le moins grotesque. Ainsi, Aruba avec une superficie de 193 km² et une population de 102 695 habitants, le Lichtenstein avec 160,5 km² et 35 265 habitants ou encore Monaco avec 2 km² et 32 020 habitants ont chacun un membre au CIO alors que ni le Bengladesh (plus de 150 millions d’habitants), ni le Nigeria (138 millions), ni le Vietnam (86 millions), ni la RDC (66 millions) pour ne citer que quelques exemples n’en ont un seul.  Il faut noter encore que ni le Bolivie, ni l’Equateur ni le Venezuela n’ont de membre au CIO au contraire du Panama ou de la Colombie. La Suisse en compte 4 pour 10 millions d’habitants, l’Inde 1 pour 1 milliards d’habitants. Au total près de 100 pays ne sont pas représentés.

 

3. Le CIO, une affaire qui roule

Coté pile, le CIO est une association sans but lucratif. Il a pour tâche d’organiser et de veiller au bon déroulement des Jeux Olympiques (dopage, présentation des épreuves, application des règles…) et d’orienter et de maintenir le sport dans l’idéal olympique.

Mais si le CIO aime l’or olympique, il aime surtout l’argent. Coté face, le comité est en fait structuré comme une véritable multinationale, avec ses banquiers, ses juristes et ses experts en marketing. Divisé en 15 départements, il emploie plusieurs centaines de personnes. Depuis Los Angeles, on sait en effet que l’organisation de JO peut devenir très rentable et non plus coûter de l’argent à la ville organisatrice. Le CIO a su parfaitement profiler ses intérêts dans ce contexte.  Il est propriétaire de la marque « Jeux Olympiques » et de tous les symboles qui s’y attachent (drapeau, devise, hymne,…). Il perçoit le tiers des colossaux droits de télévision.  Il faut savoir que rien que pour les droits de retransmission aux États-Unis de ces JO de Pékin 2008, NBC a déboursé 894 millions de dollars [[NBC sait rentabiliser ses investissements puisque pour ces seuls JO de Pékin, sur la globalité de ses supports (télévision, internet,…), elle affirme avoir vendu 95 % des espaces publicitaires disponibles, pour une recette prévue de 1 milliard de dollars]] et vient d’acquérir ceux des jeux d’hiver de 2010 à Vancouver et d’été de 2012 à Londres contre un chèque de 2,201 milliards de dollars (1,880 millions d’euros), soit une progression de 32,6% par rapport au dernier contrat. On estime la totalité des droits de retransmission pour les Jeux de Pékin et les Jeux d’hiver de Turin en 2006 à 2,5 milliards de dollars (dont 1,74 milliards de dollars pour Pékin). Pour ceux de 2010 et 2012, le CIO compte gagner plus de 3 milliards de dollars. On le constate, la devise olympique {Citius-Altius-Fortius}(plus vite, plus haut, plus fort) s’applique bien à ses droits. Le CIO touche par ailleurs 3 % de chaque contrat commercial lié aux JO et 10 % des bénéfices constatés à l’issue des Jeux. En 2008, le sponsoring a rapporté 866 millions de dollars au CIO. Pour Pékin, le budget avoué est de 42 milliards de dollars et l’on ne s’étonne donc pas que contrairement aux timides déclarations, la course au gigantisme ne s’arrête pas puisque le premier bénéficiaire en est le CIO lui-même. L’essentiel des biens du CIO sont répartis dans deux fondations de droit suisse qu’il contrôle.

 

4. Juan Antonio Samaranch, un fasciste présidant à l’idéal olympique

Celui qui a transformé le CIO et a bâti cette affaire aussi opaque que rentable, c’est Juan Antonio Samaranch, fait Marquis de Samaranch par le roi d’Espagne en 1991 et qui est aujourd’hui encore Président d’honneur du CIO. Samaranch, fils d’un riche entrepreneur du textile fut tour à tour adjoint au maire de Barcelone, chef des sports de la délégation provinciale de la Phalange et des Jeunesses phalangistes, responsable de la Délégation nationale aux sports et président de la province de Catalogne sous le régime de Franco avant de présider le CIO de 1980 à 2001.  Il fut un franquiste zélé et il existe nombre de preuves de ses sympathies fascistes.  Ainsi en 1956, écrivait-il  par exemple une lettre au ministre franquiste Antonio Elola paraphée : « Toujours à tes ordres, je te salue le bras tendu. » [[Voir dans « Main basse sur les J.O » de Vyv Simson et Andrew Jennings (Flammarion, 1992).]].  En 1967, il fut nommé ministre des Sports par Franco lui-même. Au lendemain de la mort du Caudillo, en novembre 1975, celui qui était alors président de la province de Catalogne eut ces paroles : « Tout est fini et tout continue, car l’exemple de Franco accompagnera toujours notre effort » [[Il faut noter qu’outre le casde Pierre de Coubertin, des liens étroits ont unis nazis et membres du CIO pendant la guerre. Ces liens ont continué après 1945. Le comité a promis une dénazification mais d’anciens membres du comité ont quand même été réhabilités comme le Reichsports-Führer Karl Ritter Von Halt en 1951.]]

Samaranch n’a pas seulement le goût pour les fastes fascistes, il en a pour le faste tout simplement.  Président du CIO, il demandait qu’on l’appelle « votre excellence » et exigeait une limousine avec chauffeur ainsi qu’une suite présidentielle lors de ses déplacements.  Afin de remplir les caisses du CIO et d’augmenter d’autant le train de vie de ses membres, il décréta que le sport ne pouvait plus vivre sans sa commercialisation et mit ses idées en application avec force bousculant les derniers oripeaux symboliques dont les JO prétendaient encore se draper. On lui doit les JO d’Atlanta en 1996 dénommé Jeux Coca Cola à cause du parrainage exclusif qu’il octroya à cette compagnie. Ce membre éminent de l’Opus Dei fut également impliqué dans nombre des affaires de corruption qui éclaboussèrent le CIO. Sachant avec à propos jouer sur le soutien de ses obligés (vive la cooptation) et faire sauter d’autres fusibles, il passa cependant entre le gouttes. En 2004, les frais « de fonctionnement » du président d’honneur à vie du CIO qu’est devenu Samaranch en 2001 s’élevaient encore à 174.000 dollars ce qui demeure une somme plutôt coquète [[Les frais de résidence pour le président Jacques Rogge étant de 397.000 dollars la même année.]].

 

5. Olympisme et népotisme

Juan Antonio Samaranch Salisachs est un homme à qui la chance semble souvent sourire.  Alors qu’il était encore étudiant, l’actuel CEO de GBS Finanzas S.A, obtint une bourse de la banque catalane La Caixa afin de faire un MBA à l’Université de New-York. Il faut dire que son père Juan Antonio Samaranch en était alors le président.  Aujourd’hui, il est membre du Comité Olympique Espagnol ainsi que du CIO. Il faut dire que son marquis de père en fut le président pendant plus de 20 ans.

Un autre petit chanceux c’est Philippe Rogge, membre du Conseil d’Administration du COIB et chef de la délégation belge à Pékin.  Il faut dire que lui aussi jouit d’une intéressante filiation puisque son père est le Comte Jacques Rogge et qu’il est président du CIO depuis 2001.

On le voit, il n’est pas inutile dans le milieu olympique d’avoir un bon sang, un sang bleu de préférence.

 

En conclusion

Les JO sont l’expression la plus parfaite de l’instrumentalisation du sport [[Celui-ci est à cette fin abusivement présenté comme un fait universel et un invariant culturel alors que rien ne démontre que la compétition physique soit une donnée anthropométrique fondamentale.]] à des fins réactionnaires et de colonisation idéologique. Ainsi que le note Jean-Marie Brohm [[Voir « Jeux olympiques à Berlin, 1936 » de Jean-Marie Brohm aux Éditions Complexe, 1983.]], dans son apparition et tout au long de son processus d’institutionnalisation, le sport – improprement qualifié de « moderne » par ceux qui voudraient faire croire à une continuité, à une unité avec des sports dits antiques, médiévaux, traditionnels ou encore exotiques – est « consubstantiellement intégré au mode de production capitaliste et à l’appareil d’État bourgeois ». Le sport de compétition est en effet porteur de toutes les « valeurs » capitalistes qu’il contribue à plébisciter en les présentant comme « naturelles » : lutte de tous contre tous, sélection des « meilleurs » et éviction des « moins bons », transformation du corps en une force essentiellement productive, recherche du rendement maximum et de son exploitation optimale (la performance). Les principes constituants du sport comme sa terminologie (compétition, rendement, performance, record) reflètent d’ailleurs les catégories dominantes du capitalisme industriel.

Dans le même temps, le sport sert à l’occultation des conflits politiques et sociaux [[Ainsi que l’a écrit Erich Fromm, le spectacle sportif substitue des « satisfactions fantasmatiques » à des satisfactions réelles agissant comme un calmant, une arme de dissuasion.]], au contrôle social des populations et à la justification des inégalités sociales en diffusant l’idée qu’efforts et sacrifices permettent {de facto} d’accéder à l’élite. Poison parmi les poisons, il sert également à l’édification d’une identité nationale basée sur l’affrontement, l’opposition à l’autre. Pour le sociologue Jacques Ellul, ce n’est dès lors pas non plus un hasard si le sport a toujours été l’enfant chéri des gouvernements dictatoriaux, fascistes et nazis, mais aussi du socialisme (dit) réalisé, « au point de devenir un élément constitutif indispensable de ces régimes ».

Tout ceci trouve sa traduction limpide lorsque l’on regarde crument la liste de celles et ceux qui aujourd’hui encore organisent  – contrôlent – les JO (et partant instrumentalisent le sport « moderne » tout entier). On y retrouve un mélange fait d’aristocratie, d’élite politique droitière (parfois extrême) et de représentants de la sphère économique (médias, construction, finance, armement,…).

C’est pourquoi, ainsi que l’écrit Frédéric Baillette (Lire à ce propos « Les arrière-pensées réactionnaires du sport» de Frédéric Baillette dont s’inspire la présente conclusion), il importe de lutter contre l’hégémonie du modèle sportif, de dénoncer les arrière-pensées des discours pro-sportif et de l’idéologie olympique, d’appeler au boycott de toutes les grandes manifestations sportives et de promouvoir parallèlement toutes les activités où dominent la convivialité, l’amitié, l’entraide, la solidarité et l’hospitalité.

Facebooktwittermail

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :