Blog de Pierre Eyben

Ecologie plus verte, socialisme plus rouge
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Préhistoire (articles de mon précédent blog)

Intermodalité vélo-bus : le TEC devrait passer le grand braquet

Le lecteur attentif de ce blog se souviendra peut-être de la mésaventure que j’avais vécue avec un bus du TEC qui avait refusé de nous embarquer mon vélo-pliant et moi. J’avais retracé cet épisode dans un article intitulé « [(Im)mobilité : pas de vélo pliant dans les bus du TEC ».  J’avais également fait part de ce « désagrément » auprès du service clientèle du TEC. Ma plainte n’était pas demeurée sans réponse puisque depuis fin 2007, le TEC a finalement officiellement autorisé la présence de vélos-pliants dans les bus à certaines conditions.

Aujourd’hui, la love story des dirigeants du TEC avec le vélo semble se poursuivre puisque le TEC se lance carrément dans un test auprès de 60 abonnés sur les possibilités de combiner vélo-pliant et transport en commun.  Plus d’infos ICI.

N’ayant pas attendu la semaine de la mobilité pour tester au quotidien cette combinaison (re)voici quelques réflexions sur la question:

  • Il est dommage de restreindre la complémentarité bus-vélo aux vélos pliants qui, même si leur prix chute de façon vertigineuse ces derniers temps demeurent assez coûteux et donc peu répandus. Il serait utile d’étudier les possibilités d’installer sur nos bus des accordéons pour vélos (Voir l’article « Yvette, on veut des accordéons dans les bus « ) ou des compartiments pour vélos (comme à l’arrière de certains trams).
  • Le TEC ne devrait pas se contenter de demander à ses usagers de tester quelques vélos pliants, il devrait mettre des vélos à disposition de tous.  Pourquoi ne pas installer à proximité du plus grand nombre d’arrêts de bus des vélos en location. Ceux-ci pourraient être gratuits pour les usagers du TEC et à prix modeste pour tous.  Il est quand même interpellant que ce soit des firmes travaillant dans le secteur publicitaire, telle la multinationale JC Decaux (Lire à ce propos « La face cachée des jolis vélos de la JCDecaux »), et non les responsables du transport public qui investissent ce secteur appelé à se développer. Et l’on est d’autant plus interpellé lorsque l’on sait que les plus gros clients des publicitaires, ce sont les fabricants de voitures ! Notre société marchande enfante de ce genre d’incongruités, comme lorsque McDo descend dans les écoles avec une sprinteuse sponsorisée afin d’expliquer aux enfants comment manger. Il n’en demeure pas moins que l’on reviendrait volontiers à un peu de bon sens.
  • Les bus actuels (du moins un nombre croissant d’entre eux) sont mieux équipés pour les personnes handicapées (NB: Désolé mais je n’apprécie pas la novlangue et sa « mobilité réduite »). Un accès facile avec un vélo pliant relève des mêmes critères : accès par la porte arrière (sans hautes marches si possible) afin d’éviter de devoir slalomer depuis l’avant du bus et présence d’emplacements dégagés (avec ceintures de fixation pour éviter que le vélo ne se renverse) afin de « parquer le vélo » à proximité des portes arrières.  A court terme, on pourrait envisager de donner la priorité aux vélos pliants sur les emplacements réservés aux chaises pour personnes handicapées lorsqu’ils sont libres.

Il est heureux que le TEC s’intéresse enfin à la question de l’intermodalité entre bus et vélo mais on ne peut s’empêcher de constater que l’évolution est bien lente et les ambitions fort réduites. Je soulignais il y a peu que l’on devrait se pencher avec plus d’attention sur le lien entre l’abandon idéologique de la gauche de pouvoir et la position sociale élevée de ses cadres (Voir « Les risques du socialisme « moderne » »).  La même question se pose pour la mobilité :  Nos élus se déplacent en voiture !

Ainsi qu’en témoignent les études existantes, le transport en commun demeure pour l’essentiel « le transport du pauvre ».  La pauvreté s’étendant et le coût des carburants explosant, on pourrait cyniquement se dire qu’il est en conséquence le transport de l’avenir. Alors que les émissions de CO2 liée au transport s’accroissent, le défi est cependant de casser ce clivage de classe et d’imposer les transports en commun comme la norme pour les transports maison-travail et maison-école. Cela nécessiterait de la part de nos autorités politiques (et par ricochet du TEC) une ambition bien plus prononcée.

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