Blog de Pierre Eyben

Ecologie plus verte, socialisme plus rouge
Heinz Fischer
Préhistoire (articles de mon précédent blog)

Jörg Haider : l’insupportable hommage du social-démocrate Heinz Fischer

L’homme toujours bronzé qui s’est tué au volant de sa voiture de luxe en roulant à une vitesse excessive ce samedi n’était pas un {{leader populiste}} [[Le populisme désigne un courant politique, critiquant les élites et prônant le recours au peuple (d’où son nom), s’incarnant dans une figure charismatique et soutenu par un parti acquis à ce corpus idéologique (Source Wikipedia)[]] ainsi que le clament à foison les médias dominants.  Il était un {{dirigeant politique raciste et xénophobe}}, fils d’un nazi de la première heure et lui-même issu d’un parti, le FPÖ, fondé par d’anciens nazis.

Celui qui se fit connaître dans les années 1990 par ses « dérapages » pro-nazis (En 1991, Haider du renoncer à son poste de gouverneur de Carinthie après avoir fait l’éloge de la politique de l’emploi du IIIe Reich. En 1995, il récidiva en qualifiant la Waffen-SS de « partie de l’armée allemande à laquelle il faut rendre honneur ».) et antisémites (Il déclara notamment au Parlement de Vienne que les camps de concentration nazis n’étaient que des « camps disciplinaires.), s’est ensuite rendu populaire par sa virulence contre les Slaves, qui se traduisit notamment dans sa province de Carinthie par son opposition aux écoles slovènes et aux panneaux routiers bilingues.  Ce n’est pas un hasard si Filip Dewinter, le leader du Vlaams Belang, lui rend aujourd’hui un vibrant hommage.

Jörg Haider aura été un symbole de la résurgence de l’extrême droite que connait toute l’Europe. Il y eut en 1984 l’arrivée du Front national de Jean-Marie Le Pen au Parlement européen, puis l’Allemagne avec les Republikaners, la Belgique avec le Vlaams Block (1989), la Russie avec le Parti libéral-démocrate (1993), l’Italie où cinq ministres néo-fascistes entrèrent au gouvernement de Silvio Berlusconi (1994), la Norvège avec la percée du Parti du progrès (1997), l’Autriche avec l’entrée du FPÖ de Haider au gouvernement (2000), le Danemark avec le retour du Parti du peuple (en 2001) ou encore les Pays-Bas avec le succès de liste Pim Fortuyn (2002).

En quelques années la plupart de ces partis xénophobes ont pu surfer sur la lâcheté et l’électoralisme amoral de nombreux politiques près à tous les silences et à toutes les compromissions afin de se maintenir au pouvoir. Ils se sont infiltrés toujours davantage au cœur de l’Europe.  À Vienne, en 2000, l’entrée du FPÖ au gouvernement avec les conservateurs de Wolfgang Schüssel avait soulevé l’indignation de tous et quatorze États membres de l’Union prononcèrent des sanctions unilatérales contre l’Autriche. Elles furent levées, quasi immédiatement (le 8 septembre 2000), après qu’une commission de « sages » eut établi que, si le FPÖ était « un parti extrémiste encourageant les sentiments de xénophobie », les ministres du FPÖ s’étaient montrés « respectueux des valeurs communes européennes ». Une honte, mais aussi un symbole de la politique de compromission en vigueur.

Haider, comme d’autres leaders néo-nazis, avait policé son discours mais il n’avait rien renié de son passé ni de ses pratiques xénophobes. Ainsi, s’était-il encore fait admonester la semaine dernière par le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) pour avoir exilé des demandeurs d’asile dans un centre isolé au milieu des alpages.

Il est révélateur autant que révoltant d’entendre le président de la République autrichienne, le social-démocrate (SPÖ) Heinz Fischer, saluer ce jour la mémoire « d’un homme politique de grand talent capable de soulever l’enthousiasme ». Ce crachat à la figure de toutes les victimes du nazisme constitue à nouveau un exemple de la lamentable guenille idéologique qu’est aujourd’hui devenue l’internationale socialiste.

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