Blog de Pierre Eyben

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Humeur du jour

Répondre aux culs-bénits sans transiger avec la liberté absolue de la conscience

Seigneur (si j’ose écrire), s’ils sont minoritaires, il reste quand même dans ce pays une belle brochette de tarés prêts à se mobiliser avec bruit pour tenter de nous reconduire en théocratie et d’imposer leurs dogmes religieux en norme collective. Moi l’athée, je me demande avec quelles lunettes déformantes ces tordus ont pu lire leurs livres saints. L’amour dont ils ont la bouche emplie semble avoir de sérieux ratés à l’allumage dès lors qu’il concerne ceux qui ne vivent et ne pensent pas comme eux.

Je suis profondément attaché à l’article 18 de La Déclaration universelle des droits de l’Homme (« Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ») ce qui parfois me vaut des prises de bec sévères avec des copains « laïcards ». Mais j’avoue que mon sentiment est aujourd’hui que la lecture réactionnaire du religieux se fait bel et bien plus prégnante, et l’obscurantisme intellectuel de plus en plus bruyant (où l’on compare un avortement et un viol, réduit la femme à la fonction de poule pondeuse ne pouvant disposer de son corps à sa guise, le droit à mourir dans la dignité à un acte contre-nature, etc). Alors que j’aimerais que chacun puisse vivre ses convictions et sa spiritualité dans le respect, tout ceci m’inquiète.  La société largement sécularisée ne se laissera pas remettre en cage par le religieux. Tout cela risque dès lors de mener à des lois liberticides (ce qui a commencé d’ailleurs) qui pervertissent le plus souvent le concept de laïcité.

Je n’imaginais pas que l’on devrait un jour réexpliquer dans ce pays ce qu’est le droit à l’avortement et en quoi il constitue une avancée, un droit (et donc pas une obligation) essentiel, à mille lieux des saloperies mensongères débitées par ces culs-bénits (qui ont manifestement du mal avec le « cul » comme avec le sens de la bénédiction).  Je ne m’imaginais pas devoir aller manifester demain avec un calicot du style « Pour la liberté absolue de la conscience ».  Mais il semble que l’on n’en soit plus si loin.  Parce qu’à l’heure où le capitalisme a grandement vidé de sens et de spiritualité notre société, il s’agit de ne pas de laisser la rue à ces nostalgiques d’un ordre moral de type pétainiste.

Dans un contexte d’islamophobie galopante, j’ai toutefois un peu peur de ce que ceci peut générer de confusions si cela n’est pas fait en bonne intelligence.  Il s’agit d’un combat pour une laïcité revendiquée comme projet de société commun, un projet inclusif. C’est un combat complexe que celui pour une laïcité qui ne soit ni une forme déguisée d’islamophobie (dès lors plus présentable), ni une forme de bras armé d’une idéologie consumériste et matérialiste vide de toute spiritualité (qui à juste titre suscite du rejet).  Il doit dès-lors être mené avec nuance, non « bloc contre bloc » mais de concert par les croyants qui n’entendent pas voir phagocytée leur religion par des extrémistes et acceptent pleinement l’idée que leur croyance n’a pas à se muer en ordre moral imposé aux autres, comme par les athées qui sans partager leurs convictions religieuses acceptent que la croyance puisse jouer un rôle dans le monde dans lequel on aspire à vivre et ce aussi au delà des murs de sa demeure.

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