Blog de Pierre Eyben

Ecologie plus verte, socialisme plus rouge
lisbonne
Préhistoire (articles de mon précédent blog)

Traité de Lisbonne : Sénat 1 – démocratie 0

Guy verhofstadt veut que la ratification du Traité de Lisbonne par les différentes assemblées constituées du pays se fasse vite, très vite.  C’est que notre futur ex-Premier ne souhaite pas déplaire à ses probables futurs employeurs européens.

Nous n’avons pas eu droit à une consultation populaire.  (Ne parlons même pas d’un référendum qui impliquerait – en principe – un respect de l’avis exprimé par les citoyens.) Nous n’avons pas eu droit à un large débat public.  Il semble que nous n’aurons même pas de débat un minimum argumenté et contradictoire dans les Parlements.

 

Ce lundi, les Sénateurs de la Commission Affaires Etrangères du Sénat découvraient le Traité de Lisbonne à leur agenda.  Mardi matin, ce point était évacué en quelques minutes par un vote à l’unanimité des présents.  Pas un seul sénateur n’a jugé utile de protester concrètement (c.-à-d. par son vote) face à ce déni démocratique grave. Le Traité de Lisbonne ce n’est pas un minuscule appendice législatif, c’est un texte majeur.

 

Ce jour, le Traité passera au Sénat, toujours sans la moindre audition de collectifs citoyens ou de figures académiques engagées dans l’information sur ce que recouvre ce texte aux implications capitales pour notre politique nationale.

 

Le référendum français fait peur. Certains tentent de faire croire que c’est parce que les citoyens n’auraient pas la lucidité de voter sur les enjeux européens mais traduiraient leur ras-le-bol national qu’un référendum est dangereux.  Dire cela, c’est refuser le droit à une citoyenneté participative et c’est dès lors refuser la démocratie elle-même. Dire cela c’est aussi nier le fait qu’il est légitime, la politique européenne ayant des conséquences nationales et mêmes locales, de partir de son vécu pour dire « NON ».  Dire cela, c’est encore nier que ce qui caractérise d’abord un référendum, c’est qu’il constitue une occasion d’informer la population, de la rapprocher de la gestion de la cité.  A terme, c’est donc la seule façon d’avoir des citoyens qui se positionnent et votent au nom des véritables enjeux.

 

Mais aujourd’hui, nos élus ont peur de leurs électeurs, des citoyens.  Pourquoi? Parce que la démocratie, c’est gouverner PAR (c.-à-d. AVEC) et POUR le peuple.  Or, refusant de faire obstacle à la logique économique dominante, les élus œuvrent essentiellement CONTRE la population (diminution de la part des salaires dans le PIB, intérêts notionnels, pacte anti-génération, chasse aux chômeurs,…) et doivent donc gouverner aussi SANS elle.

 

Pour certaines figures de gauche qui soutiennent ce texte et ne crient pas bien fort pour s’opposer à la façon dont on l’impose, l’Europe serait comme ces enfants sur une bicyclette qui ne tiennent debout que s’ils avancent.  On devrait donc continuer à tout prix pour que l’Europe ne tombe pas.  Ceux-là même qui défendent cette idée ont à la vérité déjà fichu par terre l’idée d’une Europe qui soit un pôle anti-impérialiste de progrès. D’abord, ils l’ont réduite au marché unique et donc à une union économique. Ils soutiennent une politique hégémonique (traduite par une soumission à l’OTAN que bétonne le Traité de Lisbonne) au nom de la paix. Ils soutiennent aussi une logique néolibérale (que bétonne tout autant ce texte) au nom d’un internationalisme de gauche.  C’est simplement suicidaire.

 

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